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Thé & ivresse

De nombreuses vertus sont attribuées au thé depuis des siècles. Le thé est notamment reconnu pour éveiller l’esprit. Pas étonnant que certains taoïstes et bouddhistes en aient fait une voie de développement spirituel. Pour autant, le thème du jour n’est pas la spiritualité mais quelque chose de plus terre à terre  : l’ivresse. Oui ceci est bien un article sur le thé ! Parlons de l’ivresse du thé. Au programme  : Tête qui tourne, sourire béat et euphorie  !

Une ivresse pas comme les autres

Ivresse, ivresse dis-moi qui est la plus belle  ?

En chinois, l’ivresse du thé se dit chazui (茶醉). Cette expression se compose du caractère : thé (cha 茶) et du caractère : ivresse (zui 醉). Comme dirait un bon ami avec qui j’apprenais le chinois :  »on se fait pas chier en chinois ». Toute la beauté et la profondeur de cette langue repose dans cette association simple et intuitive d’idées, de concepts ou d’objets.
Ce n’est pas pour rien que la deuxième boisson préférée des poètes de la chine ancienne après l’alcool, soit le thé ! Car oui, il peut offrir une certaine ivresse. Une ivresse bien différente de celle que l’on connait, infiniment plus subtile et grisante.

Comme la plupart d’entre nous ont déjà pu le constater, toutes les ivresses ne sont pas les mêmes (et les cuites non plus…).
En ayant bu du champagne, de la bière, un alcool blanc ou du vin les ressentis seront différents. Avec un peu de sensibilité, l’on peut aussi différencier une ivresse d’un vin à l’autre.
Par exemple, pour ma part, certains vins vont me donner une sensation de lourdeur et une envie de dormir tandis que pour d’autres, ce sera tout l’inverse. La qualité d’une ivresse ne peut être réduite au degré et à la quantité d’alcool consommé. C’est avant tout une affaire de sensation, une communion entre nous-même, les gens avec qui l’on partage et le breuvage, qu’il soit thé ou vin.

Bien sûr, je ne parle pas ici d’ivresse à ne plus tenir debout et avoir des trous noirs le lendemain. Que ce soit pour le thé ou la boisson des dieux, je parle de sensation de légèreté, de gaieté. Un moment de connexion, un moment dans l’ici et le maintenant. Un moment, où l’anxiété s’efface devant l’importance de l’instant. Un moment rempli d’optimisme et de clarté. Un moment de satori ?

Bien entendu, ce genre d’ivresse peut se vivre simplement en buvant la vie, sans aucun thé ou vin. Parfois, il s’agit aussi juste de sentir l’énergie et ce que le thé a à nous raconter. L’histoire de l’environnement naturel dans lequel il s’est déployé, l’histoire de l’humain qui l’a produit. La pratique du thé n’est-ce pas une symphonie que chacun interprète à sa manière ?

Chinese-Men-Drinking-Tea

L’ivresse du thé en sensations

Alors l’ivresse du thé ça donne quoi ? Imaginons… Vous êtes chez ce bon ami.e qui a toujours quelques nouvelles galettes de Puerh fraîchement acquises à vous faire goûter. Il vous prépare un premier thé, les passes s’enchaînent. Puis il ne tarde pas à en sortir un deuxième encore meilleur.

Vous ne comptez plus les tasses remplies et bues. Vous avez alors comme une impression que le temps s’est ralenti, apaisé. Comme si vous vous réveillez pour de bon. L’air est plus palpable, la lumière plus lumineuse. La conversation devient de plus en plus enjouée.
Une légère euphorie libère les tensions et quelques rires bien francs vous accompagnent. Un sourire béat, difficile à contenir, ne quitte plus vos lèvres. Tandis que vous observez la dextérité de votre ami.e maniant la théière et servant le thé en un seul geste harmonieux, votre tête tourne légèrement.
Quand on prend conscience de cette sensation, c’est que l’on déjà bien ivre… de thé ! C’est souvent dans ces moments, qu’entre ami.e.es on en vient à se remémorer de bons vieux souvenirs et que les rires accompagnent cette douce euphorie.

C’est ça, l’ivresse du thé.

Mais d’où vient cette ivresse du thé ?

Aucune prétention scientifique pour répondre à cette question. La théine (ou caféine) est en partie responsable de l’ivresse(voir notre article sur : thé et théine), mais pas seulement. L’ivresse est le résultat du combo entre théine et l’acide aminé Théanine (L-théanine) ainsi que l’antioxydant catéchine (de la famille des flavonoïdes). Pas étonnant que l’on ne retrouve pas cette sensation de légèreté et de profondeur avec un thé issu de culture intensive, car ces deux molécules sont bien plus présentes dans les thés de haute qualité.
Les Puerh les plus connus pour offrir une énergie remarquable, sont les vieux Puerh (de plus de 40 ans d’âge). Aussi, certains Puerh récoltés sur de vieux arbres multicentenaires possèdent également un Qi exceptionnel. Olivier Schneider, référence dans le monde du Puerh occidental, dit à propos des vieux thés :

« Les grands puerh anciens (…) ont par ailleurs une endurance hors du commun et supportent parfois plus d’une centaine d’infusions. Au-delà de leur caractère gustatif, ce qu’on apprécie des vieux thés est aussi, et parfois avant tout, leur cha qi, une intense et profonde sensation d’apaisement, voire d’ivresse, que leur consommation produit et que l’on ne rencontre dans aucun autre thé. »

L’énergie du thé

Les Chinois parlent en effet de Cha qi 茶氣, soit l’énergie ou la vibration du thé. Ce concept reste très vaste, à chacun de l’interpréter à sa façon et surtout d’écouter son propre ressenti.
Bien sûr, certain thé vert Japonais possèdent également une belle énergie (ya pas que le puerh dans la vie…). Mais concernant le Puerh, le fait que ce soit dans les vieux thés et les vieux arbres que l’on retrouve une énergie si particulière nous mène à se poser une question : au-delà de la qualité du produit, est-ce au travers du temps, au travers des décennies voir des siècles de vie du théier, des décennies de stockage que le thé amasse petit à petit un Qi particulier ? Intéressant d’y songer à une époque où le  »vite » règne. D’un point de vue moléculaire il serait aussi intéressant de déceler ce qui se développe avec le temps.

Pour terminer n’oublions pas cet adage taoïste : Parmi les gens qui tombent, seuls les enfants et les ivrognes ne se font pas mal.