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Le vin orange c’est quoi ?

Tendance dans les bars, caves et restaurants ou l’on peut voir écrit fièrement « vins naturels » à l’entrée. Une couleur et un goût pouvant surprendre les néophytes, intriguer les plus curieux, ou bien déranger les plus conservateurs attachés aux appellations. Depuis quelques années, le vin orange monopolise une grande partie des débats entre amoureux des vins naturels et buveurs plus classiques. Pourtant, le vin orange est avant tout une tradition culturelle datant de plusieurs milliers d’années, lié à l’histoire des hommes et de ses premières ivresses…

– Le vin orange, une couleur naturelle issue d’un procédé simple –

Un procédé simple

Le vin orange (plus techniquement appelé blanc de macération, le nom prend tout son sens quand on connait le procédé) est tout simplement un vin issu de raisins blancs vinifiés comme un vin rouge. C’est-à-dire que contrairement au vin blanc dont le jus des raisins est pressé rapidement pour être vinifié, celui d’un vin orange (et donc d’un vin rouge) macère avec la peau, les pépins et parfois les rafles.

Une couleur naturelle

C’est dans ces parties solides que l’on trouve les polyphénols. Le polyphénol le plus connu du grand public, est celui que l’on nomme les tanins. Ils ont pour effet de donner de la structure, du caractère au vin, mais, réagissant au contact de la salive, ils peuvent aussi être astringent quand il y en a trop, mal maitrisés ou trop jeunes.
Moins connus et pourtant importants, les flavonoïdes (que l’on trouve sur la peau des raisins blancs) et les anthocyanes (sur la peau des raisins rouges), sont les polyphénols responsables de la couleur du vin. Tout simplement, c’est grâce aux anthocyanes et ses pigments qu’un vin rouge obtient cette couleur rouge. Concernant le vin orange, c’est donc parce que le jus macère avec la peau (contenant les flavonoïdes) qu’il prend cette couleur unique et surprenante lui ayant donné son nom (inventée par un importateur anglais, en 2004).

Le temps de macération d’un vin orange

A l’image d’un vin rouge, la durée de macération d’un vin orange varie de plusieurs jours à plusieurs mois. Cela dépend simplement du profil de vin recherché par le vigneron. Plus on laisse le jus en contact avec les parties solides, plus on obtient un vin coloré, structuré, puissant et aromatique. Mais les lois de la nature sont taquines et complexes. Plusieurs vignerons vous affirmeront que si vous laissez macérer le vin assez longtemps (en générale plusieurs mois), la peau, les pépins et les rafles finissent par réabsorber une partie des tanins, et le vin par s’affiner.

– Le vin orange, un voyage culturel et historique –

La Géorgie, le berceau de la viticulture

Les premiers signes de vinification remontent à plus de 8 000 ans et se situent dans le Caucase, en Géorgie. Dans des poteries du début de l’air néolithique, des chercheurs ont trouvé des traces d’acide tartrique, malique, succinique et citrique qui sont la signature chimique du raisin et du vin. Les Géorgiens sont donc les premiers hommes à avoir domestiqué la vigne sauvage pour faire du vin.

Méthode traditionnelle de vinification en Géorgie

Traditionnellement, les vignerons géorgiens vinifient et élèvent leurs vins rouges et blancs dans des amphores en terre cuite (nommé Qvevry) qu’ils enterrent (pour garder une chaleur constante) dans leurs marani (chai géorgien), en laissant macérer le jus avec les parties solides. Une tradition difficile à dater puisqu’elle précède l’invention de l’écriture, mais qui nous permet de leur attribuer la paternité du vin orange. Ils se peut donc que le vin orange soit le premier vin issu de raisins blancs vinifiés par l’homme.

Le vin orange à la conquête du monde

Au fil des siècles, la Grèce et la Roumanie (deux pays aux traditions viticoles datant de l’antiquité), la Slovénie et l’Italie vont s’inspirer des vignerons géorgiens en adoptant leur technique de macération longue pour les raisins blancs. Et au début des années 1990, en parallèle avec l’émergence du mouvement des vins nature, deux vignerons italiens (Stanko Radikon et Joško Gravner) vont populariser le vin orange. Il va ensuite conquérir l’Europe (la France, l’Allemagne, l’Autriche, l’Espagne…) et le nouveau monde (Etats-Unis, Canada, Australie, Nouvelle-Zélande…).

– Vin nature & vins orange, une histoire d’amour évidente –

La liberté du champ d’expérimentation des vins nature

Un grand nombre de vignerons en vin nature, désireux d’expérimentations et non de standardisation, s’embêtent de moins en moins avec le carcan des appellations. Ils préfèrent suivre leurs envies quitte à classer certaines voir toutes leurs cuvées en Vin de France. Les appellations, au cahier des charges stricts, garantissent une qualité de production, mais limitent le champ d’action des vignerons.

Dans ces cahiers des charges compliqués à faire évoluer, les vins sont classés par couleurs (et non technique de vinification), aucun d’entre eux ne mentionne évidemment le vin orange, et toutes les appellations n’acceptent pas de le classer parmi les vins blancs. Suivant son aire géographique, il peut être donc difficile pour un vigneron de produire un vin orange d’appellation.

Si certains peuvent se permettre de s’affranchir de ces appellations peinant à s’adapter, et donc de produire du vin orange sans se poser la question de sa légitimité ou des débouchés sur le marché, c’est parce que les modes de consommation changent avec l’émergence des vins naturels. En effet, ces nouveaux consommateurs sont généralement moins sensibles aux appellations que leurs aïeux, car elles ne garantissent pas un vin sans produits chimiques. Ils sont également plus enclins aux nouvelles découvertes, puisque la philosophie du vigneron, ses principes de culture et de vinifications priment à leurs yeux sur un cahier des charges institutionnel. On assiste à une personnification du vigneron et de son travail. Un sentiment renforcé par le fait que ces domaines sont généralement de petites exploitations, à échelle humaine. Le vigneron produisant du vin naturel peut donc se permettre de vinifier du vin orange classé Vin de France, car il sait que ses consommateurs sont plus attachés à sa philosophie, à son histoire, à la découverte de nouvelles expériences, qu’à une appellation.

Des tanins pour renforcer la protection naturelle du vin


Produire un vin naturel, droit, sans défaut, ni bactéries nocives est plus compliqué que de produire un vin dit conventionnel. Un vin considéré communément comme naturel est un vin sans ou avec très peu de sulfites ajoutés (moins de 30mg/l So2 total).

Même s’il en contient naturellement, les sulfites sont essentiellement ajoutés au vin (jusqu’à 200mg/L So2 total pour les vins conventionnels) pour leurs qualités d’antioxydants et d’antiseptiques. C’est-à-dire qu’ils empêchent le développement des bactéries et rend le vin plus résistant à l’altération causée par l’oxygène de l’air (évitant au vin de tourner vinaigre). Un vin avec moins de sulfites est donc plus fragile.

Les tannins, surtout présents dans les vins rouges (dus à la macération avec la peau, les pépins et la rafle), ont les mêmes propriétés antiseptiques et antioxydantes que les sulfites. Cela signifie qu’un vin blanc (sans ou très peu de tanins) naturel (sans ou très peu de sulfites ajoutés) est le vin le plus sensible au développement de mauvaises bactéries et à l’altération. Il n’est donc pas étonnant qu’un vigneron produisant du vin naturel, décide (en plus de diverses raisons) de laisser macérer ses raisins blancs avec les parties solides afin de renforcer sa protection naturelle grâce aux tanins apportés par ce procédé.

– Les arômes du vin orange –

En bouche

En bouche, le vin orange peut surprendre, c’est une belle aventure à découvrir pour les néophytes. On retrouve à la fois la fraicheur et la finesse (sans forcément l’acidité) des vins blancs, et la générosité, la gourmandise, la structure des vins rouges (dues aux tanins). Bien sûr chaque vin orange (en fonction du cépage, du terroir, du temps de macération…) est unique, mais on retrouve souvent des arômes complexes de fruits confits, de fruits à coque et d’épices.

Un vin orange géorgien, c’est avant tout une gorgée de tradition, avec la promesse qu’elle vous conte le Caucase, libérant les arômes uniques que renferme l’écrin de son terroir.

Accord mets et vins orange

Avec leur fraicheur sans lourdeur, les vins orange sont de bons compagnons pour un apéritif entre ami(e)s. Et grâce à leur structure et leur générosité, ils accompagnent parfaitement un poisson un peu gras, une viande blanche ou même un dessert pas trop sucré.

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